Discours prononcé le 25 à la porteaoût 2026 d’Orléans

Lors des cérémonies organisées par la mairie de Paris à l’occasion de la Libération de la Capitale le 25 août 1944, notre président, Yves Rousset, a pu prononcer une allocution rendant hommage à Bénédicte de Francqueville, décédée au mois de juin dernier, et rappelant l’histoire de la composition de la 2ᵉ DB. La volonté, la détermination, le patriotisme et la soif de liberté de ces hommes et, en premier lieu, de leur chef, ainsi que la nécessité de continuer à transmettre l’esprit de défense aux plus jeunes ont été soulignés.

Voici l’intégralité du discours.

Madame la ministre

Monsieur le Maire,

Messieurs les membres du gouvernement Espagnol

Mesdames et messieurs les parlementaires

Monsieur le délégué général de l’Ordre de la Libération, mon général,

Monsieur le gouverneur militaire de Paris, mon général,

Monsieur le gouverneur militaire de Strasbourg, commandant la 2e brigade blindée, mon général,

Madame la représentante du Conseil régional,

Mesdames les représentantes des préfets,

Mesdames et messieurs les élus,

Messieurs les officiers généraux et officiers supérieurs,

Messieurs Serge Finot, Jean Yagledjian et Maurice Robert, Anciens combattants de la 2e DB, merci de votre présence,

Les petits fils et petites filles du maréchal Leclerc de Hauteclocque, chers Bénédicte, Isabelle, Marie Thérèse, Xavier, Sabine, Philippe et Oscar,

Messieurs les présidents des comités des membres de la Légion d’honneur, du Souvenir français, des associations d’anciens combattants

Mesdames et messieurs les représentants des corps constitués, les Responsables associatifs, les Porte-drapeaux les membres du détachement militaire, les reconstituteurs, les membres de la musique, …

 

Mesdames et messieurs,

 

Je veux en premier lieu avoir une pensée pour madame Bénédicte de Francqueville et ses proches. Dernière fille du général Leclerc, elle s’est éteinte il y a quelques semaines. Très présente à nos côtés, elle était très attachée à la mémoire de son père et à accompagner la transmission des valeurs qu’il portait.

 

Alors qu’en 1940, seuls la Grande Bretagne et une poignée d’hommes autour du général de Gaulle refusent la défaite, Leclerc ramène l’Afrique équatoriale française dans la France Libre. Quelques mois plus tard, il engage le combat contre les Italiens dans le nord de l’Afrique.

 

Au lendemain d’une première victoire, le 2 mars 1941, il prononce  avec ses hommes le serment de Koufra dont nous avons célébré le 85e anniversaire. Suivent les campagnes du Fezzan, de Tripolitaine, de Tunisie, et la création de la 2e DB à l’été 1943 à Temara.

 

Le 24 aout 43, lors de l’acte officiel de sa création, la division rassemble déjà le Régiment de Marche du Tchad, héritier du régiment de tirailleurs sénégalais du Tchad, des français Libres ayant combattu à Bir Hakeim et El Alamein, le 501é régiment de chars de combat, le 1er régiment de marche des spahis marocains, d’une batterie coloniale de DCA, du 2e escadron du train, ainsi que des unités du génie, du Train, de la DCA et du service de santé.  

 

Pour atteindre les 16 000 hommes requis, la 2e DB doit recruter largement.  Elle bénéficie du prestige de Leclerc et de ses soldats qui ont relevé le drapeau de la France.

Des volontaires des corps francs d’Afrique, qui rassemblent alors tout ce dont ne veut pas l’armée d’Afrique : des juifs, des francs-maçons, des résistants, des pieds noirs, des Corses engagés après la libération de leur île, des républicains espagnols, des anciens des brigades internationales, mais aussi des évadés de France par l’Espagne, des éléments de l’armée d’Afrique, tirailleurs, artilleurs,  légionnaires, choisissent de rejoindre Leclerc.

D’autres unités et volontaires complètent la division, notamment le 12e régiment de chasseurs d’Afrique, qui dédoublé constituera le  12e régiment de cuirassiers, les Rochambelles ou encore le régiment blindé de fusiliers marins.

 

La 2e DB qui débarque le 1er août 1944 sur les plages de Normandie est une unité très hétérogène, représentant 22 nationalités. Sur les 15 000 hommes qui quittent le Maroc, plus de 3600 sont marocains, algériens, libanais ou syriens. Elle recrutera encore sur place nombre de jeunes volontaires.

Tous sont unis par une même volonté : chasser l’occupant.

L’unité de ces hommes, Leclerc disait lui-même que c’était sa plus belle victoire.

Ce sont ces hommes qui, il y a 82 ans, entraient dans Paris, et libérait la capitale, en soutien à la Résistance.

 

Merci monsieur le maire d’organiser, cette cérémonie permettant de célébrer ces soldats et leur chef, avec dignité et recueillement. Elle scelle la fidélité de Paris à La Voie de la 2e DB, symbolisée par la borne de Koufra.

Ces femmes, les Rochambelles et les Marinettes, et ces hommes, de toutes origines, convictions et confessions, étaient prêts au sacrifice pour la liberté de la France et de sa capitale. Près de 1700 d’entre eux sont morts au combat et plus de 3000 ont été blessés.  

 

Ils étaient guidés par un esprit de solidarité, de fraternité, d’humanité pour la liberté. Ils combattaient le nazisme, le fascisme ainsi que la haine de l’autre, le racisme et antisémitisme dont ils étaient porteurs.

 

Cette mémoire demeure plus actuelle que jamais, alors que la guerre est de retour en Europe, et que notre pays reste confronté à des attaques répétées et insidieuses, des actes et des menaces terroristes. L’histoire ne se répète pas, mais elle nous éclaire.

 

L’héritage de la Résistance et le message de Leclerc adressé par Leclerc à ses hommes, les appelant à un « patriotisme agissant » nous invitent, à l’image de ceux qui avaient la France pour patrie et la liberté pour idéal, à être fiers de notre histoire et de nos valeurs, et à transmettre l’esprit de défense à notre jeunesse.

Vive PARIS, Vive la 2e DB, Vive la République et vive la France !