KOUFRA (Libye) – 1er mars 1941

 

 


KOUFRA  
LIBYE 1er MARS 1941

 

 

12 juillet 1940. Le Capitaine de cavalerie Philippe de HAUTECLOCQUE, 38 ans, déjà deux fois évadé des mains allemandes, portant encore les traces d’une blessure à la tête reçue au combat, passe en Espagne.
Son patriotisme, son honneur, la conception qu’il a de son métier font devoir à ce père de six jeunes enfants de rejoindre celui qui, de Londres, a lancé l’appel à poursuivre la lutte
Devant lui, c’est l’inconnu, l’aventure : il n’a jamais rencontré de GAULLE ; il n’a jamais enfreint les ordres ; la France n’a jamais été si près de sombrer.
Les mains vides, seul, il n’a pour lui que sa volonté, son courage et sa valeur professionnelle, éclairés par une foi intense foi en Dieu, foi en son pays, foi dans les hommes, foi en lui-même.

Un mois plus tard, le 25 août, par une nuit d’encre, sous des trombes d’eau, devenu le Colonel LECLERC, il arrive en pirogue, avec une poignée d’hommes, à Douala, au Cameroun, en Afrique Trempe, mais vibrant de volonté, parlant au nom du General de GAULLE, il subjugue les Français qu’il rencontre, au premier rang desquels le Capitaine DIO qui l’appuie de sa troupe et ne le quittera plus En quelques journées la Colonie est retournée : un territoire français redresse la tête, refuse la défaite et se remet au travail… pour vaincre cette fois.

 

 

 

 

 

 

Après quelques semaines au cours desquelles l’Afrique Française Libre s’organise, réunissant le Gabon au Congo, à l’Oubangui, au Tchad et au Cameroun,

LECLERC reçoit du Général de GAULLE une nouvelle mission : prendre la tête des moyens militaires disponibles au Tchad et faire rentrer, avec eux, l’Armée Française dans la guerre.

Alors commence l’épopée. Arrivé à Fort-Lamy le 2 décembre 1940 LECLERC parle dès le 3 d’aller attaquer Koufra. redoutable forteresse italienne, perdue dans les sables à quelques 2 000 kilomètres !
Et pour commencer, pour bien montrer que l’heure est au combat, il saisit l’occasion qui s’offre de joindre quelques français a un raid que les britanniques organisent, au nord du Tibesti. contre des postes du Fezzan. Un accrochage se produit a Mourzouk. le 11 janvier 1941 : le Lieutenant-Colonel COLONNA d’ORNANO, qui avait joué un rôle important dans le ralliement du Tchad a :n France Libre, est frappé à mort.

Cette affaire, ce premier sacrifice prennent figure de symbole : par la radio de Londres les Français découvrent avec joie que leur armée d’Afrique a repris le combat !

 

 

 

Au Tchad aussi les visages s’éclairent, mais les spécialistes hochent quand même la tête lorsque, le 25 janvier, les premiers éléments d’une colonne s’éloignent vers le Nord-Est, vers Koufra qui hante LECLERC. En tout le Colonel n’emmène que deux cent cinquante hommes, sur cent mauvais camions et il ne dispose que d’un canon !

Les débuts sont de fait fort difficiles : le climat, le terrain, l’absence de pistes, l’ennemi bien équipé offrent de gros obstacles.
Malgré l’échec sanglant, le 30 janvier, de la patrouille britannique qui précédait la colonne, LECLERC maintient ses ordres : le 7 février, avec un élément léger, il va lui-même «tâter » la forteresse ; les 18 et 19, il livre à la Compagnie Saharienne mobile italienne qui bat l’estrade sous les remparts un combat décisif et, aussitôt, il met le siège devant la citadelle.
Dix jours plus tard, le 1er mars 1941, contre toute attente et contre toute logique, grâce à la fougue, à l’imagination et au talent des hommes et du Chef, la garnison ennemie capitule.
C’est le premier succès des armes de la France depuis l’été 40.

Sans attendre le Colonel LECLERC engage l’avenir : « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs flotteront à nouveau sur la Cathédrale de Strasbourg ! »
C’est le serment de Koufra, serment que tous ceux qui désormais se joindront à LECLERC se sentiront tenus d’accomplir.

 

 

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